« Chaque vie est un roman ! ». Cette formule que nous avons lancée au moment de la création de Votre Biographie Editions en 2004 ne se limite pas à un simple slogan. Il s’agit d’une réalité que nos écrivains peuvent vérifier au quotidien. Chaque vie est unique et recèle des particularités qui la singularise. De ce fait, elle revêt une caractéristique qui la rend extraordinaire pour un ou plusieurs lecteurs. En 2005, nous avons retranscrit les souvenirs d’une dame qui n’était jamais sortie de son village natal ! Le récit de ses souvenirs s’était révélé très intéressant, d’une part en raison des anecdotes (la vie à la ferme, les évolutions de l’agriculture, les relations familiales dans la métairie…) mais aussi des nombreuses réflexions de cette personne sur la vie en général.
Les biographies exceptionnelles sont celles qui participent de la grande histoire.
Les récits de vie témoignant de la grande histoire
Les camps de la mort racontés par les survivants
Ce récit est aussi une autobiographie à travers laquelle l’auteur tente de reconstituer les étapes de son existence. « Mais hélas avec parfois beaucoup d’imprécisions, en particulier sur les dates, surtout quand il s’agit de ma vie en Pologne », indique Charles Naparstek. En revanche, dès son installation en France, les faits sont plus précis, bien qu’il n’ai pas tenu un journal au jour le jour durant toute sa vie.
Sa déportation à Auschwitz Birkenau dura trois années pendant lesquelles chaque ligne écrite pouvait lui coûter la vie, s’il avait été pris. Charles Naparstek assure que les faits décrits dans son livre, et dont il conserve une mémoire intacte, sont exacts et réels. Son livre a été publié en 2007, il est toujours vendu aujourd’hui.
Il a toujours refusé d’écrire sur sa déportation. Mais c’est sur l’insistance de son petit fils David qu’il a accepté de se lancer dans l’écriture. Et ce , après que David ait participé, le 16 juillet 2006, à la cérémonie de commémoration de la rafle du Vel’d’hiv. Il ignorait tout de ce que son grand père, survivant de la Shoah, avait subi à Auschwitz Birkenau. Il en a pris conscience ce jour là et lui a demandé d’écrire ce livre qui pourrait servir de testament moral.
Jusqu’à ce jour, quasiment aucun texte n’a été écrit sur ce commando « Canada ». En tant que survivant, témoin oculaire de ce qui se passait à l’arrivée des convois à Auschwitz, il s’est senti le devoir de dire ce qu’il a vu, même si son témoignage est tardif.
Charles Naparstek a toujours refusé d’écrire sur sa déportation. Soixante années plus tard, il décide de libérer sa parole. Son témoignage transperce les pages. Il est brut, précis et vivant. Essentiel.
Regards croisés sur la guerre d’Algérie
Dans les années 2010, les biographies sur la seconde guerre mondiale sont progressivement remplacées par celles traitant de la guerre d’Algérie.
La guerre d’Algérie démarre le 1er novembre 1954 lorsque le FLN (Front de Libération Nationale) lance une série d’attentats contre les intérêts de la métropole. Au début, le gouvernement français refuse de reconnaître qu’il s’agit d’une guerre, il parle de « maintien de l’ordre ».
Lorsque la guérilla s’intensifie, la France doit envoyer des appelés c’est-à-dire des jeunes gens non formés. C’est parmi ces jeunes gens que nous retrouvons un nombre important de nos clients. Beaucoup d’entre eux vont être témoins d’exactions, de bavures et de violences en tout genre. Ces jeunes appelés racontent dans leur livre ces moment difficiles qu’ils ont vécus. Certains d’entre eux vont raconter pour la première fois ce qu’ils ont vécu. Ce sont des témoignages très forts. La France enverra plus de 1,5 million de soldats pour lutter contre les insurrections, les terroristes du FLN. La violences extrême se développe des deux côtés : torture, attentats, exécutions et déplacements de population deviennent quotidiens.
Parmi nos clients, on compte beaucoup de Pieds-Noirs.
Les Pieds-Noirs désignent des Européens (principalement Français) installés en Algérie avant la guerre. Ils sont environ un million sur une population de plus de neuf millions d’Algériens musulmans. Cette communauté est globalement privilégiée par rapport aux Algériens musulmans. Ils profitent notamment de droits civiques complets, d’un meilleur accès à l’éducation, à la propriété et à l’emploi. Dès le début de la guerre, en novembre 54, ils deviennent rapidement des cibles de la rébellion indépendantiste. Le FLN voit en eux les symboles de la colonisation. Beaucoup de Pieds-Noirs soutiennent la présence française en Algérie, y voyant leur terre natale. Ils vont se sentir abandonnés par Paris, surtout après les premières tentatives de négociation avec le FLN. Certains d’entre eux vont se radicaliser et rejoindre l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète), un groupe clandestin terroriste opposé à l’indépendance. Lorsque l’indépendance est proclamée, en 1962, plus de 800.000 Pieds-Noirs fuient vers la métropole, souvent avec rien.
Face aux Pieds-Noirs, les résistants au sein du FLN comptent également parmi nos clients. Récemment, une femme discrète et très digne, est venue d’Algérie passer spécialement une semaine à Paris pour raconter son histoire. A raison de deux heures par jour, tous les jours, elle a confié, pour la première fois, son rôle d’infirmière dans le Maquis durant la guerre d’Algérie. Ce type de biographie quasi inexistant au début des années 2000 tend à se développer avec l’ouverture progressive des archives militaires et intéresse particulièrement les plus jeunes. Ce genre de témoignage, hors du commun, du côté des combattants musulmans croise ceux d’anciens responsables de l’OAS, responsable de plusieurs missions suicides au milieu du maquis algérois.