La Guerre d’Algérie

Pour nos clients nés après-guerre, faire écrire ses mémoires consiste de plus en plus souvent à parler de la guerre d’Algérie. Pour cette génération, il s’agit d’un événement incontournable, sûrement celui qui les a le plus marqué. Dénommée par la France de l’époque « événements d’Algérie », la guerre d’Algérie oppose l’État français à des indépendantistes algériens, principalement réunis sous la bannière du Front de libération nationale (FLN).

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Petites histoires ou grande Histoire ? A l’heure où la déclassification des archives de guerre commence à apporter la vérité sur de nombreuses affaires, il est encore un peu tôt pour étudier la guerre d’Algérie en tant que simple période historique. Les actes commis demeurent trop frais dans la mémoire collective.

Pour raconter ses mémoires sur cette période très spéciale, il faut absolument se confier à un biographe connaissant suffisamment l’histoire française. Car la guerre d’Algérie est une étape très compliquée de notre histoire, il s’agit d’une double guerre civile, entre différentes communautés mais aussi à l’intérieur même de ces communautés.

Depuis le début des années 2010, les membres de chaque communauté sont de plus en plus nombreux à nous contacter pour faire écrire leurs mémoires de la guerre d’Algérie. Qui sont-ils ? Les réservistes, les familles du FLN, les insurgés de la première heure, les descendants des généraux putschistes, mais surtout les Pieds-noirs. Sans oublier tous ces Français de métropole qui ont vécu les événements au jour le jour.

« Les communautés se côtoyaient paisiblement »

Les faits se déroulent de 1954 à 1962 sur le territoire des départements français d’Algérie. En 1954 plusieurs attentats visent les intérêts français. Les harcèlements, les tensions se multiplient. La crise prend une tournure politique lorsqu’en 1958, le gouvernement français affiche clairement son intention de discuter avec le Front de libération nationale (FLN). Cet extrait d’un livre que nous avons édité en 2017 rend compte cette ambiance si particulière : « Les communautés se côtoyaient paisiblement, puis la politique a tout détruit et la coexistence est devenue impossible. Certains colons abusaient-ils de leur pouvoir dans les campagnes ? L’indépendance serait-elle devenue inéluctable à un moment ou un autre ? Les choses auraient pu se passer différemment si de Gaulle avait joué cartes sur table dès le début. L’étau se resserrait de toutes parts, mais ce qui décida réellement ma mère à partir, ce fut la visite en septembre 1962 d’un groupe d’Algériens venu d’un autre quartier. Ils s’approchèrent de son étal et lui dirent : « Tu pars demain sinon on te tue, toi et tes enfants. » Affolée, maman est allée chercher de l’aide auprès des Algériens qu’elle connaissait, mais tous hochèrent la tête, impuissants : « On ne peut rien faire pour toi, on ne sait même pas qui ils sont. Il vaut mieux que tu partes. »

La nostalgie des Pieds-Noirs

Les partisans de l’Algérie française sont ulcérés et provoquent des remous incessants, appelant au retour du général de Gaulle pour maintenir la souveraineté de la France. L’insurrection se développe et provoque le retour au pouvoir du général et la chute de la Quatrième République, remplacée par la Cinquième.

Aujourd’hui la communauté des Pieds-Noirs, très nostalgique, est la première à nous solliciter pour raconter ses mémoires sur cette période. En témoigne cet extrait émouvant d’une biographie éditée en 2015 : « Vous, les pieds-noirs, que nous avons chassés de votre terre natale, nous avons vite compris que vous aimiez l’Algérie plus que nous. Parce que vous l’aviez enfantée dans la douleur et élevée avec courage et dans le sacrifice. Le peuple algérien d’après 1962 n’arrivera jamais à faire quelque chose de ce pays, car pour la grande majorité, ils l’ont trouvé comme un beau jouet laissé à des enfants gâtés. Le jouet est cassé depuis longtemps et les dirigeants qui ont accaparé le pouvoir ont été incapables de stimuler le peuple pour lui faire aimer son pays. Au contraire, ils n’ont rien fait pour dissuader, retenir tous ceux qui l’ont fui. Ils ont même exigé plus de visas et de conditions d’accueil des pays étrangers. Ils ont passé leur temps et leur énergie à alimenter les rancunes et la haine envers vous, les pieds-noirs, et la France pour faire diversion de leur incompétence… »

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La création de l’OAS

Autre fait marquant pour lequel un bon nombre de nos clients a souhaité écrire leur biographie : le putsch des généraux. Dégouttés par la politique de la France, ces généraux veulent à tout prix que le pays conserve son département. Mais de Gaulle ne leur cède pas et interdit à l’armée et aux Français de suivre leurs ordres. Le putsch échoue et les durs de durs créent l’OAS (Organisation de l’armée secrète), organisation dans laquelle s’engouffrent les défenseurs le plus acharnés de l’Algérie française. L’OAS cessera d’exister avant l’indépendance algérienne en 1962.

Nul n’envisage d’aborder la guerre d’Algérie dans un livre sans relater les tragiques manifestations qui se sont déroulées à Paris durant cette période. La plus violente d’entre elles a lieu durant la soirée du 17 octobre 1961. Alors que le préfet Maurice Papon a interdit à tous les Algériens de circuler la nuit, une manifestation pacifique est sévèrement réprimée par la police. Les manifestants sont roués de coup dans les commissariats ou jetés dans la Seine. Les estimations font état de plus de 200 disparus. Longtemps nié par les autorités, ce massacre sera reconnu par le France en 1997.

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