Comment tout a commencé ? En lisant l’article « Le métier de biographe, entre expérience et compétences » avec le regard de celui qui passe ses journées à écrire la vie des autres, on a vite fait de plonger soi-même dans une sorte d’introspection paradoxale.
Devient-on écrivain biographe par transmission, formation, demande, nécessité ou vocation ? Beaucoup en font une source de revenus annexe, d’autres, beaucoup plus rares, l’exercent comme un métier à part entière. Et si certains sont « tombés dans la ‘bio’ en étant petits », au sortir des études s’entend, la plupart ont perçu cette activité comme une fabuleuse reconversion.
Et si devenir biographe était, tout simplement, un peu de tout cela ?
La biographie, une histoire de famille
Au début, était le père. Un père féru de littérature et de langues anciennes, vivant entouré de collègues philosophes et d’ouvrages savants, cela suscite forcément une vocation à dominante littéraire. Du moins cela devrait. Car, l’insistance à vouloir faire de ses enfants des successeurs obligés, passionnés-contraints de latinité et d’hellénisme, provoque bien évidemment l’inverse chez l’âme rebelle. Alors, vive les mathématiques et vive les sciences physiques, même si force est de constater que les résultats ne sont pas au rendez-vous. « Il n’a pas la bosse des maths ! Il aurait dû rester dans les lettres ! »
Pour ajouter une touche à ce contexte déjà bien prégnant, le rejet paternel de tous objets un tantinet modernes au sein du foyer comme autant de gadgets impies, à l’instar d’une simple télévision bannie du domicile pour laisser la meilleure place au livre sacralisé, induit naturellement en moi un attrait irrésistible pour les dessins animés et autres clips vidéo des années quatre-vingt.
Et pourtant, et pourtant… La famille d’un littéraire forcené lit forcément ; des livres, des journaux. Mère, frère, sœur, tout le monde lit et cela déteint inéluctablement sur le petit dernier. Pas le choix, la lecture est le seul loisir disponible, l’évasion nécessaire, et, il faut bien le reconnaître, un plaisir et une habitude de stimuler une curiosité protéiforme. Petit à petit, par imprégnation, orthographe, grammaire et syntaxe s’incrustent dans le tissu neuronal, les accords du participe passé avec l’auxiliaire « avoir » deviennent un réflexe, même si la sournoise coquille est toujours possible. Mais sans penser le moins du monde à ces bienfaits induits, je lis, je lis beaucoup, je lis énormément, des magazines d’actualité aux intrigues policières, des bandes dessinées aux romans d’aventures, des traités géographiques aux essais économico-sociologiques, des récits historiques aux biographies. Nous y voilà.
Le parcours des grands hommes, puisqu’eux seuls ont alors l’honneur du genre, me passionne. Aventuriers, chefs de guerre ou industriels font l’objet de recherches et de récits passionnants. De l’hagiographie d’un contemporain à la critique sévère d’une décision parfois décontextualisée par un successeur, il y en a pour tous les goûts… Quand ces hauts personnages ne se décrivent pas eux-mêmes avec une complaisance que je perçois déjà parfaitement ridicule… Un sous-genre, à tous les sens du terme, me file d’ailleurs rapidement entre les doigts : la biographie d’une grande figure de l’humanité, écrite par un homme politique faisant l’actualité : le pseudo auteur s’y attribue, toute honte bue, non seulement l’écriture d’un texte qu’il a à peine relu, mais aussi les immenses qualités de son sujet, de façon plus ou moins balourde. On n’est jamais si bien servi que par soi-même, n’est-ce pas ?
Les livres sont donc une denrée disponible à profusion à la maison durant toute ma jeunesse, et bien entendu, pendant ma formation post-bac. À cet instant, malgré une volonté constamment affichée de sortir des rails littéraires familiaux pour me diriger sur la voie des maths, volonté à laquelle mes géniteurs se sont étonnamment pliés au moment de choisir une filière de baccalauréat, je dois me rendre à l’évidence : je ne poserai pas mon séant sur les bancs de la fac de maths et encore moins sur les chaises d’une prépa Maths sup. Les problèmes d’intégrales et d’inductions ont eu raison de mes ambitions. Pas de fac de lettres non plus, pas de socio, de psycho, ce sera Sciences-po, après un détour peu glorieux par les écoles de commerce, aux programmes là encore truffés, entre autres, de calculs de probabilités ou d’exercices de trigonométrie auxquelles je ne comprends… rien. Mais au moins, j’aurais essayé.
Et pendant ce temps, le père de famille, appelé aussi le père Noël, – c’est son prénom, si si ! –lorsqu’il sort la tête de son œuvre sur les Pythagoriciens, rédige, pour se détendre, quelques anecdotes sur son enfance en Lozère pendant la guerre. Son unique lectrice, son épouse, ma mère en l’occurrence, apprécie, et pas seulement par fidélité maritale. Elle aime vraiment ! Mais lui juge le genre biographique sans intérêt ! Pensez ! Il a passé une partie de sa vie, longues vacances de prof d’université incluses, à suer sang et eau sur « Hiéroclès d’Alexandrie. Filiations intellectuelles et spirituelles d’un néoplatonicien du Ve siècle », pesant ouvrage qui a fini dans les rayonnages des bibliothèques des facs de lettres du pays. Alors, ses histoires de trains fabriqués avec des boîtes de sardines, trainées sur la terre rouge des hauteurs de Naussac, hein ? Qui va s’y intéresser ? Et pourtant, et pourtant…
La biographie, des échanges et des rencontres
Moi, des histoires, je n’en raconte à personne. Fini Science-Po, fini les petits boulots, je transpire à grosses gouttes sur des sujets bien moins rigolos. De vagues argumentaires de garanties-santé, d’assurances-auto et de logements étudiants, de tableaux Excel, de marketing et de reporting, mots dont se gargarise ma direction. Je rédige courriers recommandés et notes de services comminatoires, mais rien qui mérite d’en écrire l’histoire. Quoique… en creusant un peu, pas très profondément au demeurant, il y en aurait des choses à raconter. Nous le savons bien, nous, biographes, toute vie est un roman, n’est-ce pas ? La mienne de vie, c’est celle d’un adjoint de direction générale comme il en existe tant. Mais, par des aiguillages dont seul l’Univers a le plan, l’existence me ramène pourtant à la rédaction littéraire : la société, que dis-je le « Groupe », comme il est vivement conseillé de l’appeler, le Groupe pour lequel j’ai l’honneur d’œuvrer, prend des participations dans des sociétés de presse.
L’édition entre dans ma vie sous forme de prévision de trésorerie ou de ratios tirage/ventes, mais ce n’est qu’un début. Une place de journaliste se libère dans l’une de ces rédactions, je la sollicite, je l’obtiens. L’hérédité se rappelle à moi, « littéraire, tu seras ».
Les débuts sont passionnants. J’interviewe des sportifs, des artistes, des artisans, pour le compte de magazines étudiants, et je m’amuse terriblement. La curiosité me pousse à poser des questions hors des lignes fixées : j’extrais mon vis-à-vis de la simple promo de l’exploit du moment ou du disque qu’il vient d’enregistrer, je l’interroge sur sa vie, les interviewés se prêtent au jeu, et tout le monde est content. Même les rédacs-chefs des revues qui me passent commande des articles et me laissent désormais le choix de cadre et de l’angle d’écriture, un luxe !
Car, disent-ils, je retranscris mes rencontres avec bonne humeur, rapidité et sans trop de fautes. Alors les demandes augmentent, et j’écris de plus en plus, sur des sujets de plus en plus variés, de la culture du blé au chant lyrique, en passant par la réforme de l’université. Ça aurait pu durer des années, mais ça ne dure que quelques mois, et ça s’achève symboliquement dans une explosion majeure. L’usine AZF de Toulouse vient de partir en fumée, les murs de mon bureau vacillent, la société qui m’emploie s’effondre, et mon avenir journalistique s’estompe.
Or, par un de ces fameux détours du destin que les biographes connaissent bien, cet avenir s’écrit désormais au Québec, où, à ma grande surprise, ou plutôt à mon incommensurable naïveté, on n’attend pas le prolifique et génial journaliste que je pense être devenu. Tant pis pour la presse, me voilà en formation financière pour devenir « banquier » : il y a, au Québec aussi, un loyer à payer, et la banque recrute.
Je laisse donc de côté l’écriture. Loin d’être une déception, cette séquence estudiantine, renouvelée à la trentaine, me donne l’occasion de renouer avec les chiffres, les statistiques, en substance les maths financières. Par un miracle que je ne m’explique toujours pas, cette fois, ça marche. Ce qui n’était qu’un nœud de formules et de nombres embrouillés à mort, devient une pelote toute lisse, dont je déroule le fil avec une aisance confondante. Je l’avais bien dit que je briserai la malédiction familiale des maths. À bas les lettres, enfin ! Victoire tardive, mais victoire quand même !
Pauvre victoire en réalité, car je suis attendu au détour du chemin. Deux ans après mon arrivée au Québec, la biographie de mon père sort sur le marché français. Ma mère a réussi à convaincre son mari de présenter ses nouvelles familiales à des éditeurs. Beaucoup ont refusé, certains ne lui ont même pas répondu, c’est la loi du genre. Mais l’un d’entre eux a accepté le manuscrit et les anecdotes de locomotives et de wagons en boîtes de sardines connaissent un incroyable succès. La surprise est de taille pour le professeur, mais il doit se rendre à l’évidence : les histoires de vie intéressent plus le public que la philosophie néoplatonicienne.
De l’autre côté de l’Atlantique, brave employé de l’institution financière qui accompagne mes premiers pas de conseiller financier, je me noie dans mes placements, hypothèques et autres prêts à terme. Non pas que ce bain de chiffres me déplaise fondamentalement, mais j’éprouve plus de plaisir à écouter la vie de mes clients, à répondre à leurs questions et demandes, à les aider et à leur offrir des solutions, qu’à leur vendre des fonds d’investissement. Autre bouffée d’air au sortir du bureau confiné, la fréquentation assidue de la bibliothèque municipale de quartier, supervisée par de gentilles bibliothécaires, prévenantes, au fait des goûts de chacun. Ce simple service de conseil me rend à nouveau le plaisir de la lecture. Installé dans un fauteuil confortable, je dévore les classiques de la littérature locale et des récits biographiques. Je m’identifie à certaines personnalités, je trouve des analogies avec ma vie, des solutions à mes problèmes du moment. Je ne suis donc pas seul à expérimenter certaines difficultés ? Et d’autres s’en sont extraits ?
Et soudain, se produit « la » rencontre : à l’accueil de la succursale bancaire pour laquelle je travaille, siège une jeune Française qui me parle, pour la toute première fois, d’une personne qui exerce le métier de biographe en France. C’était il y a vingt ans, au début de l’année 2006.
Le parcours d'un écrivain biographe
Une étincelle enflammant un bidon d’essence ! Je me sens transporté, envahi d’une joie indescriptible. Je trouve cette idée de récits de vie familiaux, destinés aux seuls proches, gé-nia-le ! Le souffle de la biographie balaie instantanément cinq années de travail dans le domaine financier. Tout s’enchaîne très vite : envoi sur-le-champ d’une proposition de collaboration à l’adresse postale et électronique de la biographe, entretien téléphonique, vol Québec-France pour la rencontrer, discussion passionnée et passionnante. Mon interlocutrice résume son idée : une histoire de vie, c’est comme une grande interview journalistique en fait… des actes, des dates, des émotions, de la vie, des anecdotes. Et au bout, au lieu d’un article de quelques pages, il y a l’écriture d’une biographie. La demande est là, les clients aussi, « et en plus, vous pouvez vivre de votre plume ! » Au passage, elle me signale qu’elle n’a jamais reçu mon offre de service par courrier, seulement par e-mail. Mais cela n’a aucune importance, puisqu’ « on pourrait peut-être faire quelque chose ensemble… » me propose-t-elle. Et comment !
La banque, je l’ai déjà oubliée. La biographe, elle aussi, m’a oublié. Les jours passent. Plus de contact. Tout à coup, un courriel : « désolée, mais j’arrête cette activité ». Oh la déception. Parce que je m’y voyais déjà, moi.
Mais… parce que la vie ne serait pas ce qu’elle est sans une pincée de merveilleux, une heure plus tard – une heure… – je reçois un autre message : « bonjour, je suis Sébastien Moreau, gérant de Votre Biographie Éditions, je viens de recevoir votre proposition de collaboration. »
Vous y croyez, vous ? Non ? Et bien vous avez tort, parce que ça s’est passé comme ça !
En cherchant l’adresse postale parisienne de ma correspondante sur Internet quelques semaines plus tôt, je me suis trompé, et mon enveloppe a atterri chez VBE ! La seule et unique maison d’édition spécialisée dans les récits de vie familiaux, fondée deux ans auparavant, et fonctionnant depuis sur un principe tout à fait novateur de « séances » qui sera par la suite copié et recopié. Pas le temps de s’émouvoir, deuxième vol Québec-France de l’année, rencontre avec Sébastien à la terrasse d’un café place du Trocadéro. « Vous ne vivrez jamais du métier de biographe, Daniel. C’est une activité complémentaire. » Je ne dis rien, mais j’éprouve, avec une force intense, le pressentiment que ce sera ma future activité à plein temps
Ma formation de biographe ? Des exercices pratiques !
Mes deux premières histoires de vie, je les rédige donc pour le compte de Votre Biographie Éditions. Elles sont doublement familiales : destinées, par définition, à un cercle familial, mais le mien, en l’occurrence. Ces premiers récits obtiennent l’assentiment de Sébastien Moreau, qui me confie de nouveaux projets, et moins d’un an plus tard, je suis écrivain biographe à plein temps. Ma formation de biographe, je la fais « sur le tas », par des exercices pratiques, en gagnant en expérience et en compétence, client après client, livre après livre. Il était immédiatement évident que je ne ferai que cela, quels que soient les renoncements induits par cette décision. À commencer par une baisse de train de vie conséquente par rapport à « mes années banquier ». Mais je ne me voyais absolument pas exercer le métier de biographe après des journées de travail, quel qu’il soit. Comment rentrer le soir à 18 heures et avoir l’acuité mentale nécessaire pour me concentrer sur la vie des autres, en fin de journée ou le dimanche après-midi ? L’écriture est un travail, et je serai biographe, tel est mon choix.
On l’a vu, il y a quand même des racines à cette étrange intuition. Une hérédité peut-être, si on veut bien trouver le gène de l’envie d’écrire pour les autres… Une imprégnation familiale et sociale, c’est plus évident : un apprentissage solitaire de la lecture à un très jeune âge et la présence de livres autour de moi durant toutes mes années de formation. Et une courte expérience, mais néanmoins heureuse, dans la presse et l’interview journalistique, permettant de développer des compétence dans l’écriture de contenu. Puis vint la rencontre et la confiance, bâtie texte après texte, avec Sébastien Moreau, plus de 100 co-réalisés avec Votre Biographie Éditions !
L’accord de nos personnalités, à travers les aléas de la vie d’entreprise, et tout ce que nous avons vécu et traversé ensemble depuis vingt ans, a étayé la relation. Je bénéficie aussi du confort rassurant de vivre cette expérience professionnelle avec, à mes côtés, d’indispensables relectrices, et je profite du professionnalisme honnête et serein de partenaires en imprimerie. Les échanges avec des consœurs me sont tout aussi nécessaires, pour faire évoluer notre métier. Enfin, le soutien de ma conjointe est bien évidemment pour beaucoup dans mon maintien dans cette activité, dans les moments de doute évidemment, mais aussi dans le partage quotidien de mes aventures biographiques.
En résumé, l’exercice du métier de biographe, ce sont de bonnes bases, des prédispositions et quelques capacités à écrire des chroniques familiales, mais principalement une curiosité perpétuelle de l’autre, l’envie de découvrir, l’écoute et l’échange, et de créer. C’est aussi prendre le temps de gérer l’activité en professionnel, permettant d’accepter, parfois d’endurer, des heures et des heures de travail, au détriment souvent d’autres activités.
Un moment, j’ai pensé arrêter. Cent biographies, c’était suffisant. Et puis un magnifique projet s’est présenté en 2020, pendant le Confinement. Impossible de résister. Bien m’en a pris, c’est mon plus gros succès en termes de diffusion à ce jour, l’une des grandes rencontres de ma vie professionnelle et personnelle.
Je ne parle jamais de formation professionnelle, car je n’en ai pas suivi. Je n’ai pas obtenu de diplôme de biographe, de certificat en écriture de biographie, et j’ai choisi de ne pas m’inscrire à une formation d’écrivain public et je n’ai pas suivi de cours ou modules d’accompagnement de la profession ; jusqu’en 2026, je n’adhérais à aucune association, regroupement, réseau ou syndicat. Je précise « 2026 » car « toujours » et « jamais » ne font pas partie de mon vocabulaire. Je n’en ai tout simplement pas ressenti l’envie ou le besoin, ils ne m’ont pas sollicité, et j’ai fait mon chemin d’écrivain biographe au fur et à mesure des années et des rencontres. Il n’y a pas, à mon avis, de prérequis « payant » ou d’outil magique pour vivre de sa plume, et encore moins la nécessité de se faire aider par l’Intelligence Artificielle.
J’ai trouvé mes premiers livres dans la bibliothèque familiale mais j’ai continué à lire ce qui me tombait sous la main dans des bibliothèques municipales. J’ai appris comme cela à écrire, à structurer mon métier d’écrivain biographe, devis, factures et calculs de distances. J’ai écrit mes récits de vie et la confiance avec les clients s’est instaurée par un travail consciencieux, jamais bâclé, en prenant le temps. Biographie cadeau offerte par des proches ou petit plaisir qu’ils se font à eux-mêmes, « mes narratrices » et « narrateurs », comme j’aime les appeler, sont quasiment tous devenus des amis au fil des entretiens. Avec eux, j’ai partagé un moment de vie, ils ont couché leurs mémoires sur le papier avec mon aide, et nous essayons, au maximum, de conserver cette relation.
Le bouche à oreille a fait le reste, la demande se transmet, les narrateurs sont devenus à leur tour prescripteurs. Après un long parcours d’une vingtaine d’années de travail, ces près de 160 livres existent bel et bien, certes sur des rayonnages de bibliothèques familiales ou en librairie, mais aussi, et surtout, en moi ! Comme je pense encore à mes 160 narratrices et narrateurs, non pas en tant que clients, mais en tant que confidents, avec lesquels j’ai bâti une belle relation. Cela s’appelle bien une vocation.
L’avenir ? Écrire encore des biographies. La mienne ? Pourquoi pas. Vous en découvrez d’ailleurs d’ores et déjà aujourd’hui quelques aspects.
Témoignage personnel de Daniel Aujoulat – Biographe