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Extrait
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Dans
la maison où nous habitions, l’appartement de M. Miellet,
situé au troisième étage, avait été
réquisitionné par les Allemands et était occupé
par le Schieber (nous prononcions « Chibé »),
le commandant en chef des exécutions.
Je ne sais pas si cette appellation correspond à son nom
ou à son titre. Nous l’avons toujours désigné
ainsi.
Toujours est-il que cela faisait froid dans le dos de savoir qui
était cet homme. On peut dire que nous étions bien
placés pour faire de la résistance !
Cela
n’a pas empêché mes parents et Mme Géhant
d’accueillir plusieurs fois des parachutistes.
Maman, dont l’anglais était excellent, assurait la
traduction.
M. Branciard, le pharmacien d’en face, avait droit à
une camionnette pour aller chercher les médicaments. M. Roy,
qui la conduisait, était de connivence avec mes parents et
Mme Géhant : quand il fallait amener quelqu’un à
la frontière suisse, on lui demandait de venir avec sa petite
camionnette.
Un
jour, il s’agissait de faire sortir de France un parachutiste
canadien, qui ne parlait pas un mot de français.
Au moment précis où nous sommes sortis, le parachutiste
et nous, le Schieber arrivait en même temps dans le hall.
Notre cœur a failli s’arrêter de battre !
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