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J’ai
la chance d’avoir une bonne mémoire. A quatrevingt-
onze ans, je me suis décidée à écrire.
D’abord
pour rendre hommage à mes parents, dont la vie d’enfant
a été si difficile, et qui, par la suite, furent des
adultes tendres et généreux, un père et une
mère exemplaires.
Ensuite
pour raconter quelques souvenirs aux jeunes générations,
afin qu’elles sachent qui étaient leurs aïeuls
et qu’elles aient une idée du quotidien du siècle
dernier.
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