Ecrire sa vie n’est pas toujours facile lorsqu’on a été résistant. Bon nombre de faits ne peuvent être racontés. Nos octogénaires ayant participé plus ou moins à la guerre à travers des actes de bravoure et d’honneur font souvent preuve d’une rare humilité. Pour eux, il y a quelque chose d’indécent à vouloir écrire sa vie et la plupart le font parce qu’ils y sont expressément invités par leurs enfants et petits-enfants.

Pour eux, écrire sa vie durant la guerre peut également se révéler dangereux, non pas pour eux directement mais pour certains camarades que l’on n’a pas envie de trahir, du simple fait qu’ils n’ont pas forcément décidé de parler, de raconter ce qu’ils ont fait.

Les faits de résistance ne sont pas légion mais ils existent, leur portée demeure souvent symbolique. Il y a d’abord une résistance individuelle qui se résume à braver les interdits fixés par les Allemands et le gouvernement.

Toutes les couches sociales, les sensibilités politiques, philosophiques et religieuses sont représentées au sein de la Résistance. Les Juifs, les démocrates-chrétiens, les socialistes et les communistes sont toutefois les plus représentés. La Résistance a pu se manifester en ville comme à la campagne, surtout après la naissance des maquis au printemps 1943.

La personne âgée qui a décidé de raconter ses actes de résistance nous explique qu’il peut s’agir seulement de quelques petits services quotidiens comme par exemple le fait de porter des messages ou des provisions. Certaines d’entre elles nous racontent également comment elles ont hébergé des résistants, des soldats étrangers, des déserteurs ou des Juifs.

Les actes de résistance peuvent aussi se révéler dans l’organisation de grèves et de manifestations, la diffusion de tracts ou le soutien de filières chargées de sauver des prisonniers de guerre évadés ou les très nombreux réfractaires au STO.

Il y a également une résistance plus spectaculaire, mais rare, qui consiste à participer à des attentats et à des sabotages.