Tout biographe adore entendre les récits surréalistes de ces Années folles, les années 20 où le théâtre, les nouvelles danses, la littérature et les arts en général bouillonnent, à Paris principalement.

Pour un biographe, les témoignages les plus intéressants sont souvent ceux des personnes nées avant 1910.

années folles

Malheureusement, et en toute logique, les témoignages sur les années folles sont de plus en plus rares. Avoir eu 20 ans dans les Années folles, c’est avoir été imprégné par une culture musicale américaine en plein boom. Tous les soirs les cabarets sont pleins à craquer. Toutes sortes d’orchestres, plus ou moins improvisés y jouent du charleston, du shimmy et du jazz. Le biographe n’est pas insensible à l’évocation de ces soldats américains venus libérer la France côtoyant ces jeunes françaises mondaines et aisées en quête de nouvelles sensations. Si possible le plus éloigné de la culture franchouillarde. Le Bœuf sur le toit et Le Bricktop’s figurent parmi les principales adresses à la mode.

Parce qu’ils apparaissent aux yeux des Français comme des sauveurs, libres et plein d’enthousiasme, les Américains deviennent les modèles. Tout écrivain biographe ayant eu la chance de retranscrire un témoignage de cette époque ne pourra pas s’empêcher de relater cette nouvelle passion et cette vive curiosité pour les États-Unis. A Paris, de nouveaux spectacles se montent sans arrêt, mettant en scène des chanteurs noirs d’origine américaine accompagné par des orchestres de jazz. Le spectacle le plus célèbre de l’époque fait grand bruit. Il s’agit de la Revue Nègre dans laquelle apparaît Joséphine Baker. La danseuse américaine se présente nue au théâtre des Champs-Élysées en se déhanchant à tout va au rythme d’un charleston endiablé écrit par Sydney Bechet.

De nouvelles danses font également leur apparition et se développent assez rapidement. Selon les retranscriptions réalisées, il s’agit notamment du tango.
Cette époque est aussi marquée par un élan créatif très important dans le domaine des arts et des lettres. Paris devient le club mondial des grands talents en devenir. Gertrude Stein, Picasso, Braque, Matisse, Hemingway ou encore Scott Fitzgerald, tous se croisent et se rencontrent, à Montmartre bien sûr mais aussi du côté de Vavin et Montparnasse, les quartiers les plus branchés de la capitale.

Cette libération culturelle, cette envie de s’amuser et de danser sont largement relayées par la radio qui devient le premier vecteur culturel de masse. C’est en effet à cette époque que sont diffusés les premiers disques, enregistrés dans la capitale par les vedettes du cabaret. Le sport prend également une dimension formidable avec le tennis, le foot et surtout le cyclisme avec le Tour de France. Ce mouvement s’accompagne d’une formidable libération des femmes. Des personnalités très marquées apparaissent et s’imposent dans tous les domaines comme la science avec Marie Curie, le sport avec Suzanne Lenglen, la mode avec Coco Chanel ou la littérature avec Colette.