De Aline Foucaud

Détails: Size: 14.8x21 cm
Pages: 132
La nuit de leur arrivée à la maison, les parachutistes m’avaient donné pour mission d’aller prévenir le maire de Carentan que sa ville allait être bombardée par les Américains. Or, le couvre-feu prenait effet de 9 h du soir à 6 h du matin. Vers 5 h du matin, je ne pouvais pas dormir, je n’y tenais plus et suis partie sur la route de Carentan. J’y connaissais tellement de monde, des amies, des personnes avec qui j’avais appris la couture et je craignais qu’ils ne s’en sortent pas vivants.
Heureusement, sur le chemin, je n’ai rencontré aucun Allemand. Comme je n’avais pas de vélo, je suis allée chez le boucher, à deux cents mètres de chez nous, pour lui emprunter le sien. Je savais que je pouvais lui faire confiance. Je lui ai raconté mon histoire, lui montrant le chocolat que les Américains m’avaient donné. Le boucher se doutait que quelque chose se préparait à cause de tous les bombardements de la nuit. « Je te prête le vélo, m’a-t-il dit, mais si tu te fais arrêter, ne dis surtout pas que c’est le nôtre. » « Oh ! Vous savez, lui ai-je rétorqué, le vélo, il ne parle pas. Si on m’arrête, on ne va jamais me demander à qui il est, je dirais de toute façon qu’il est à moi. »